21.10.07

11. L'autre

Il se lève, ses court cheveux noir en bataille. Il est tellement grand, tellement beau, blanc. Pur?  Il fait quelque pas, son pantalon de pyjama lui descend et ses os ressortent. En se grattant le nez, il avance à travers l'obscurité, tel un fantôme, en se cognant dans les quelques meubles. Ca y est! Il s'y retrouve, enfin. Il s'assoie, se racle la gorge et ses longs doigts viennent tâter les touches noires et blanches. Une mélodie monte, se fait entendre petit à petit un peu plus forte. Sa tête glisse alors en arrière, il se relaxe, ses membres se détendent. Plusieurs heures plus tard, il se lève enfin. La lumière du soleil l'aveugle quand il ouvre ses volets. Un sourire... Oui, une ébauche de sourire se peint sur son visage. En se penchant, en faisant attention de ne pas trop se baisser car cela pourrait être fatidique, il peut atteindre  les feuilles de son arbre, son bel arbre. Il touche ces feuilles vertes et ça y est, oui, il sourit, un grand sourire, un sourire heureux. Sur le chemin, pour se rendre à son travail, oui monsieur est infirmier, il croise un petit garçon, tombé par terre. Les gens semblent l'ignorer mais lui, il cours et le relève, en lui caressant ses fins cheveux roux. Modeste, il ne se laisse pas remercier et repars aussi vite qu'il fut arrivée. Et puis la journée se passe, s'écoule lentement, doucement. Ennuyante? Ce n'est pas le mot. En rentrant dans sa demeure, il frisonne. Il a hate. Une fois arrivé, il remplis un grand verre d'eau et bois lentement. Il aime ce gout qui justement n'en est pas vraiment un. C'est fade, sans saveur, et il aime s'identifier à ce liquide incolore parce qu'il se trouve tellement fade et sans saveur, lui aussi. Ensuite il se regarde dans le miroir, se trouvant presque beau. En fait, on l'a toujours complimenté sur son physique. Très grand, 1m80. Pas trop poilu, au bon endroit comme disais sa petite amie, des cheveux noir toujours soyeux, bien qu'il n'en prend pas spécialement soin, de long, très long doigts fin, un petit nombril qui ressort à la manière des bébés, de grands yeux vert, des pommettes remontés et toujours rose, un air enfantin et féminin que les femmes savent apprécier, de fines lèvres qui s'étirent quasiment toujours en un doux sourire charmeur. Oui, il se trouve presque beau. Son enveloppe corporelle lui conviens parfaitement, elle lui sers et il sais jouer avec. Mais ce que recouvre cette enveloppe... En pensant cela, il ris diaboliquement. Ensuite, une fois son observation de lui-même terminée, il descend à la cave. Il n'allume pas la lumière, se dirige comme s'il connaissait les moindres recoins de cette pièce. Il s'approche d'un matelas humide, et à coté de ce matelas se tiens une chaise, et sur cette chaise, un homme nu, bailloné, attaché, la peau meurtrie. Enfin, lorsqu'il il estime que la noirceur le gène et qu'un peu de lumière ne ferait pas de mal, il allume une lampe de bureau posé à même le sol, qui n'éclaire pas grand chose, mais qui suffit au moins à distinguer le visage de l'homme attaché. Il a sans doute beaucoup pleuré, car ses petits yeux noirs ont le contour très rouge. Ses fines lèvres sont collés, s'ouvrant par moment pour laisser attacher un petit gémissement, non pas de plaisir mais d'horreur et de souffrance. Sans doute a-t il aussi beaucoup crié, mais là, l'homme est à bout de force. Sa tête s'incline légèrement vers le sol, bien que cette position ne soit pas la meilleure car de cette manière la corde qui lui entoure le cou se resserre. Il lève vers son agresseur des yeux reflétant toute la douleur qu'on lui a infligé et murmure d'une voix cassé "S'il te plait, Harry... Détaches moi... Qu'ai-je fait ? Je..." et après avoir dit cela, retombe dans une espèce de transe. Il n'en fallait pas plus que ces mots dit avec beaucoup de courage pour mettre Harry dans une colère noire, et pis encore. Son visage si blanc habituellement devient rouge écarlate. Ses doigts se crispent en deux poings menaçant, et il hurle. Hurle des mots incompréhensible, hurle sa rage, hurle sa colère trop longtemps refoulée. Il pousse la chaise de sa victime, et l'homme crie de douleur. Harry n'en pouvais plus, toute sa vie on l'avait complimenté car il était parfait. D'une beauté incomparable, il detenait toutes les qualités requises pour se faire aimé. Il était généreux, comprehensif, il savait écouter et reconforter, il était drole et attentif à ceux qu'il aimait. Mais cela l'a lasser, d'être la perfection même. De plus, ses proches ne cessait d'avoir peur, peur du diable, de l'antéchrist, peur de la violence, de l'apocalypse. Peur de tout, peur de la vie. Alors lui, qui trouvait dans le mal une beauté de plus en plus prononcé, il devint la faiblesse des autres, il devint leur peur. Et il adorait cela.

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