26.08.07

8. Le texte le plus nul que je n'ai jamais écrit.

J'ouvre les yeux lentement. Une faible lueur filtre à travers les volets clos, il doit être encore tôt. A demi éveillé je me lève, et prend au hasard une chemise qui traînait parterre. Je ne vais quand même pas me balader la poitrine à l'air et en petite culotte! Ca tombes bien, c'est sa chemise. J'adore porter ses vêtements, cela me donnes le sentiment de lui appartenir réellement. C'est stupide, mais vrai : lorsque je portes son caleçon trop grand pour moi ou sa chemise blanche, j'ai l'impression que seul ce bout de tissu nous unie vraiment. Je déambule dans son appartement que j’adore, en essayant de ne pas le réveiller. Et finalement, lorsqu'a 10heures, j'estime qu'il a assez dormi, je m'accroupie au pied du lit, regarde ses jambes qui dépassent et fait glissé mes doigts sur sa peau nu. Sa douce, pale et belle peau nue. Je remonte en jouant avec le drap rouge, et passe doucement sur ses cuisses, puis son sexe et son ventre. Là, je me rapproche de lui et le regarde. Son visage est si... Si beau. Si angélique et à la fois sombre, mystérieux. Il frémis et ses paupières s'ouvrent. En me voyant comme ça, avec sa chemise, les cheveux en bataille et un sourire malicieux étirant mes lèvres, ses yeux gris brillent d'un éclat indescriptible. Je murmure "Bonjour, toi..." et il éclate de rire en me prenant dans ses bras. " Victorien ... Tu sens bon ! " Il m'embrasse dans le cou et cela me fais frissonner. Alors, je repense à la nuit passée, à ses yeux et son corps brûlant de désir qui réveille en moi de très vieilles passions enfouies. Que je vous expliques : adolescente, je n'ai fait que rêver d'amour. Oui... Un grand brun, maigrelet, aux yeux verts... Ou un petit roux rond, aux lunettes carrés et un adorable sourire toujours scotchés au visage. Je n'en pouvais plus. Presque toutes les nuits je rêvais que j'étais dans les bras d'un homme, et de loin j'aurais préférée cauchemardé. Mon corps était mon propre enfer et j'haïssais cette carcasse difforme que l'on m'avait gentiment offert à la naissance. L’Anthéa intérieure ne correspondait pas à l’Anthéa extérieur et cela me tuait, me pourrissait. J'ai grandi en me construisant intérieurement, mais pas extérieurement. En détestant mon apparence, je la laissait flotter à la surface et n'en prenait pas soin. Je n'étais qu'un tas de graisse donc les yeux bleu n'arrivait plus à s'ouvrir. Je n'étais pas obèse. Certains m'ont même affirmé que je n'étais pas énorme ; mais c'est de cette manière que je me voyais. Difforme, laide, grasse, surtout pas désirable et encore moins belle. Les garçons m'ont mises de coté dans leurs coeurs tandis que moi je les voulais ardumment, encore & encore. Oh, j'ai eu quelques amis... Peut-être deux ou trois. Mais est-ce vraiment le mot, "amis" ? Disons "copains", parce qu'en fait, pour moi ami signifie bien plus que ce que les gens voient dans l'amitié. Pour moi c'est une sorte d’amour, de complicité, de désir de l'autre, de sexualité, de jalousie. Je dis ça parce que j'ai vécu avec une fille cette amitié dont je vous parle et ce fut ma seule amie, donc, de ce que j'ai vécu avec elle j'ai pu redéfinir le mot Amitié. Pour revenir à ces fameux copains, jamais je ne su ce que vraiment ils pensaient de moi. On me complimenta sur un tas de choses mais mon physique ne les intéressait pas plus qu'un bout de viande intéresserait un végétarien. Certains, courageux, osèrent me dire Mignonne. De ce fait, je me détestais encore plus. Mignonne? Comme une gamine de 5ans, un peu bouboule et la mine rieuse? Je ne voulais pas être comme ça! Je voulais être désirable, femme, sexy! Etais-je superficielle ? Où étais-je simplement en manque d'amour ? Etais-je, d'une manière ou d'une autre, intolérante avec les gens ronds ? Ou juste avec moi-même? Car, pis encore, je trouvais chez les autres ronds de la beauté.  Mais chez moi, lorsque je me regardais dans le miroir, mes yeux se fermaient pour laisser couler mes larmes et mes traits se crispaient. Tout ce manège a duré jusqu'a mes 20ans. J'ai rencontré celui qui me fit construire extérieurement. Oh j'ai conscience d'être horriblement pathétique, banal en disant cela. Je sais que ce qu'on nomme Amour rend sirupeux, bête ou euphorique, et je sais que je n'ai sûrement pas échappé à la règle,  mais c'est tellement vrai! Vers 15ans, je me disais que l'"homme parfait" serait comme moi, aurait les mêmes goûts que moi sinon l'entente serait impossible entre nous. Mais Victorien n'est pas Anthéa numéro 2. J'aime l'art, j’aime visiter des expositions pour le plaisir de mes yeux. Lui ne s'y connait pas vraiment mais il m'accompagne, et s'y intéresse de manière a ce que je lui montres mes artistes préférés, ou ceux que j'aime le moins. Il m'écoute, et lorsqu'il souhaite m'emmener à un concert d'un groupe que je tiens en horreur, j’accepte. Non pour lui faire plaisir bien que ça ne sois pas de refus, mais surtout parce que je sais que si j'y vais avec lui, et qu'il m'expliques pourquoi il aimes ce groupe, pourquoi il va autant chanté pendant le concert, tout cela va m'ammenée à apprécier plus ce groupe. Musicalement nous ne sommes pas si différent mais j'aime des choses que lui ne connais pas et je lui fais connaitre (et inversement!). J'aime le fait que l'on puisse, même en étant extrêmement différents, se compléter de cette manière, et être en quelque sorte les mêmes personnes. Ce fut mon premier amour, et donc ce fut lui qui me vola ma fleur de la virginité. C'est cette nuit que j'ai compris, que même avec ces kilos, cette laideur, lui pouvait aimer mon corps, mes rondeurs et jamais je n'avais été si heureuse (et amoureuse). Je lui ai rendu son amour aussi violemment et fort que mon corps me le permet. Et c'est donc là que mon corps a cessé d'être cette masse inerte. Je suis maintenant plus vive, plus féminine et moins ... Je ne suis plus celle que j'ai été, et ça grâce à Victorien.

Posté par Blaspheme à 01:10 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur 8. Le texte le plus nul que je n'ai jamais écrit.

    je découvre ton blog mais je ne trouve pas ce texte nul, j'ignore s'il est autobiographique mais il livre beaucoup de la personne qui dit je (toi?) et on ne peut être que sensible à ce dévoilement.

    Posté par p, 26.08.07 à 08:03 | | Répondre
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