12.08.07

7. Reality

Ma douce, douce existence… 16année que je la vis et que je survis, putain. Au début, c’était l’innocence au triste goût d’insouciance. L’enfance. Les Disney le mercredi après-midi, les bisous sucrés de la maternel. Les jouets vites cassés et les nombreuses choses nouvelles à apprendre. L’école et les premiers copains. Les maîtresses, les récréations… Babar et Oui-oui. La cousine Agathe qui aimait serrée fort contre son sein droit. Le vélo, les bobos aux genoux rapidement soignés par les baisers magiques. Les rêves d’astronaute ou de pompiers. Moi je voulais être musicien. Les disques vinyles que donnait le paternel. Jonnhy Halliday, Daniel Balavoine et Renaud. Les expositions d’art que m’emmenais voir la maternel. Les bonnes notes puis les moins bonnes. Les premières engueulades, l’envol de l’innocence. Le collège. Les potes qui s’en vont et qui reviennent puis promettent, mais les amis qui restent et pour toujours. Les prises de têtes et l’insolence. Les sèches, on se la joue rebelle. Les après-midi au parc. Les filles. Les nanas. Les seins, partout. Les culs, le cul. Les bras, le ventre. Mais moi je voulais des rondeurs. Mon sexe. Je découvre, les branlettes. La fumée, les cigarettes. Le langage. Elle est bonne, elle. Nique ta grand-mère, sa reum. Mes darons qui font iech. Elle, la tepu qui voulait pas se faire sauté. Les colles, les profs. Les livres, alors je me faisais insulter par les potes, et oui j’aimais lire. Baudelaire, Amélie Nothomb, Simone de Beauvoir, Lewis Caroll. La musique, mes goûts différents des autres. Damien Saez, Indochine, Chopin. La découverte du monde, de notre monde. La pourriture. Et pourquoi on restes là, avachi sur notre canapé à regarder des foutus jeux télévisés là ou des foutus gens gagnent des millions alors que des enfants crèvent de faim, que l’Afrique crève tout court, que la guerre existe, que des nanas se font violés à bout de rues, que les bombes éclatent sur la tête des innocents, que la vie est bien trop chère et que personne ne se rend compte de son bonheur. Et bordel.  Ces filles à la télé, qui nous offre une vue sur leurs cotes, leurs os, la peau recouvrant  un simple squelette. Et moi qui aime les rondeurs, les femmes en chair, on appelle ça les « grosses » mais pour moi ce n’est que pure féminité. Ma première fois avec Louise, ses seins bombés et ses tétons pointés vers le Nord.  Ses douces fesses, rondes au possible. Ses courbes chaudes, Notre Seigneur donnez m’en plus. Le parfum, son parfum, rassurant et familier.  Mais il y a la société de consommation, et les pauvres n’ont qu’a se débrouillés ! Achetez le nouveau camembert, il est si bon, procurez vous au plus vite cette nouvelle formule minceur, les hommes seront à vos pieds ! Les sourires qui disparaissent et les villes polluées, la nature fanée. Les gens qui marchent tête baissée, ils vous ignorent c’est un comble. Le non-respect, la violence, mais est-ce que je fais vraiment parti de ces hommes? Dites moi qu’ils ne sont pas tous comme ça… La littérature qui se perd, je ne veux pas devenir adulte, maman. Allez tous bouffer au Mc-Do, engraissez vos enfants, et oui !  J’ai peur que l’on oublie tout… J’ai peur de m’oublier, je ne veux pas changer. Crevons ensemble, chère amie.

Posté par Blaspheme à 23:10 - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur 7. Reality

    J'aime bien "ses tétons pointés vers le Nord". Quelle ijnnocence

    Posté par s<, 13.08.07 à 18:35 | | Répondre
  • j'aime beaucoup ce texte, il est bourré d'humour et en même temps très dénonciateur: que font les gens devant la télé? etc...

    Posté par plume1812, 26.08.07 à 08:09 | | Répondre
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